Pousser la porte du salon de Thérèse, c’est entrer dans un monde à part. Ce samedi-là, l’effervescence est à son comble : on prépare le mariage de la jeune Magalie. Entre le bruit des séchoirs, l’odeur de la laque et les tasses de café qui circulent, l’ambiance est électrique. Jeanne, la mère de la mariée, dissimule son stress derrière des recommandations incessantes, tandis que Magalie, rayonnante, rêve à son avenir.
Très vite, le salon se remplit de ses figures incontournables. Il y a la veuve de l’ancien maire, toujours élégante et prompte aux confidences politiques, et la vieille râleuse du quartier, dont le cynisme cache en réalité un cœur d’or. Au milieu de ce joyeux désordre, une nouvelle coiffeuse timide tente de trouver sa place, couvée par le regard bienveillant de Thérèse. Ici, loin du regard des hommes, on ne fait pas que se faire coiffer. On s’y confie, on y rit, et on y partage les derniers potins du village. Les répliques fusent, parfois piquantes, souvent hilarantes.
Mais les mois passent, et les saisons défilent à travers la vitrine du salon. La vie, avec sa routine mais aussi ses imprévus, s’invite sous les casques chauffants. Les rires et les commérages futiles du début laissent place à des discussions plus profondes. Quand les nuages s’accumulent et que les épreuves de la vie frappent l’une d’entre elles, les masques tombent. C’est alors que ces six femmes, si différentes en apparence, révèlent leur véritable nature : celle d’un bloc de solidarité indéfectible, prêtes à tout pour se soutenir les unes les autres.